
Mounir Laggoune est le fondateur de Finary, une fintech française spécialisée dans l’agrégation de patrimoine. Sa fortune ne repose pas sur un salaire classique mais sur des parts dans sa société, des investissements personnels et les revenus générés par son activité de créateur de contenu. Comprendre sa situation financière suppose de décomposer ces différentes briques, en commençant par la structure juridique de son entreprise.
Capital social de Finary SAS : ce que révèlent les données légales
La plupart des articles qui abordent la fortune de Mounir Laggoune se contentent d’estimations floues, souvent tirées de valorisations de levées de fonds anciennes. Les données du registre du commerce permettent d’aller plus loin.
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Finary SAS affiche un capital social de 11 625 000 euros, selon les informations publiées au RCS Paris sous le SIREN 892 357 724. Ce montant traduit une capitalisation qui a considérablement augmenté depuis la création de l’entreprise, portée par plusieurs tours de financement et des apports en numéraire successifs.
Un capital social de cette ampleur pour une fintech française n’est pas anodin. Il reflète la consolidation des fonds levés et donne une indication sur la valorisation globale de la société, même si le capital social ne correspond jamais directement à la valeur de marché. Pour approfondir le détail du salaire et fortune de Mounir Laggoune, plusieurs postes de revenus doivent être distingués.
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En tant que fondateur et CEO, Mounir Laggoune détient une part significative du capital. La valeur réelle de cette participation dépend de la dernière valorisation retenue lors des levées de fonds, mais aussi du potentiel de croissance de Finary sur le marché de la gestion privée.

Licence d’entreprise d’investissement : un investissement qui change l’échelle de Finary
Un élément récent distingue Finary de la plupart des fintechs patrimoniales françaises. L’entreprise a engagé 3,8 millions d’euros pour obtenir une licence d’entreprise d’investissement. Ce montant, rapporté par Capital.fr, ne sert pas à financer du marketing ou du développement produit : il couvre les exigences réglementaires liées à l’obtention de cette licence.
Cette licence autorise Finary à proposer des services de gestion sous mandat, ce qui ouvre la porte à des revenus récurrents bien plus élevés que ceux d’un simple agrégateur freemium. Le segment visé, la gestion privée en ligne (notamment via l’offre Finary One), cible une clientèle disposant d’un patrimoine conséquent.
Pour la fortune de Mounir Laggoune, l’impact est double :
- La valorisation de Finary augmente mécaniquement avec l’obtention d’une licence réglementée, car elle crée une barrière à l’entrée pour les concurrents
- Les flux de revenus futurs (commissions de gestion, frais de mandat) sont récurrents et prévisibles, ce qui améliore le multiple de valorisation applicable à l’entreprise
- La part détenue par le fondateur dans une société dont la licence vaut plusieurs millions d’euros représente un actif bien plus tangible qu’une participation dans une simple application mobile
Salaire, dividendes et revenus de contenu : trois flux distincts
Réduire la rémunération de Mounir Laggoune à un salaire mensuel serait une erreur de lecture. Sa rémunération se décompose en trois flux qui n’ont ni la même nature ni la même fiscalité.
Le salaire de dirigeant
En tant que président de SAS, Mounir Laggoune perçoit un salaire soumis aux cotisations sociales des assimilés-salariés. Le montant exact n’est pas public, mais dans les startups en phase de croissance, les fondateurs se versent généralement un salaire modéré pour préserver la trésorerie de l’entreprise.
Les dividendes et la valeur des parts
Le véritable levier patrimonial réside dans les parts sociales. La richesse d’un fondateur de startup se mesure à la valorisation de ses parts, pas à sa fiche de paie. Tant que Finary n’est pas cédée ou introduite en bourse, cette richesse reste largement théorique, bloquée sous forme d’actifs non liquides.
Les dividendes, quant à eux, dépendent des résultats nets de Finary. Une entreprise en forte croissance réinvestit généralement ses bénéfices plutôt que de les distribuer.
Les revenus liés au contenu
Mounir Laggoune produit du contenu sur YouTube, Instagram et d’autres plateformes. Ces activités génèrent des revenus publicitaires, des partenariats et du trafic vers Finary. Le contenu fonctionne à la fois comme source de revenus directe et comme levier d’acquisition client pour la fintech, ce qui rend difficile la séparation entre revenus personnels et valeur créée pour l’entreprise.

Fiscalité des plus-values en France : un paramètre souvent oublié dans les estimations
Les articles qui estiment la fortune de Mounir Laggoune omettent presque systématiquement l’impact fiscal. Les évolutions réglementaires françaises sur la fiscalité des plus-values, notamment sur les actions et les cryptomonnaies, modifient le rendement net réel d’un portefeuille d’investissements personnels.
En France, les plus-values mobilières sont soumises au prélèvement forfaitaire unique ou, sur option, au barème progressif de l’impôt sur le revenu. Pour un entrepreneur qui détient des parts dans sa propre société, la fiscalité applicable lors d’une cession dépend de la durée de détention, du régime choisi et d’éventuels abattements.
Estimer une fortune brute sans retrancher la charge fiscale potentielle revient à surévaluer la richesse réelle. Un portefeuille affiché à plusieurs millions d’euros peut voir sa valeur nette réduite de manière significative après imposition, surtout en cas de cession totale ou partielle.
Portefeuille personnel et stratégie d’investissement de Mounir Laggoune
Mounir Laggoune partage régulièrement la composition de son portefeuille personnel sur ses réseaux. Sa stratégie repose sur la gestion passive via des ETF, l’investissement en cryptomonnaies et des positions sur des actions individuelles. Il a lui-même évoqué publiquement avoir réalisé des gains boursiers considérables sur certaines journées, ce qui suppose une exposition significative aux marchés.
Cette transparence sert aussi sa marque personnelle. En montrant ses propres investissements sur Finary, il démontre l’utilité de son produit tout en renforçant sa crédibilité auprès de sa communauté.
La fortune de Mounir Laggoune reste difficile à chiffrer avec précision. Elle combine des parts dans une fintech dont le capital social dépasse les onze millions d’euros, un portefeuille d’investissements personnels constitué sur plus d’une décennie, et des revenus de contenu. La majeure partie de cette richesse est non liquide, indexée sur la trajectoire de Finary et sur les conditions de marché au moment d’une éventuelle cession.